CCAM

CCAM / Scène Nationale de Vandoeuvre

Esplanade Jack Ralite, Rue de Parme

54500 Vandœuvre-lès-Nancy

Tél 03 83 56 83 56

Historique

Le Centre Culturel André Malraux a été inauguré en 1978. Alors Maison des Jeunes et de la Culture, il faisait partie du réseau des 4 MJC nées sur le territoire de Vandœuvre-lès-Nancy à la fin des années 70. Conçu dès son origine autour d'un projet culturel fort, dont témoigne l'existence à la construction de la galerie et de la salle de spectacle, le projet s'affine en même temps que l'équipe s'étoffe. En 1984 nait le festival Musique Action, initié par diverses personnes dont Dominique Répécaud, qui portera le projet de labellisation du CCAM en Scène Nationale. Il en prend la direction en 2000, au moment de l'obtention du label et suite au départ de Dany Finance. Il y a défendu une programmation s’articulant principalement autour des pratiques contemporaines en musique, en danse, en théâtre et à l'endroit de l’image photographique. Olivier Perry assume la direction du CCAM depuis septembre 2017.


Dominique Répécaud (1955-2016)

Dominique Répécaud est né le 1er mars 1955 à Lons-le-Saulnier. Il était d’abord un guitariste, un autodidacte qui entretenait une relation très particulière avec un instrument dont il pensait que « tout avait été dit ». Une des caractéristiques de son jeu était son attachement profond au rock, mais dans sa forme ensauvagée, improvisée et musclée, à travers un jeu à haut volume sonore à la Stratocaster. Ses cordes électriques étaient dissonantes, étirées et distordues. Répécaud avait la faculté d’étendre les fonctions de l’instrument et de le repousser dans ses limites. Pour lui, il s’agissait d’éviter d’être soliste tout en l’étant en permanence.

Au début des années 80, il avait été le co-fondateur à Nancy du Collectif Soixante Étages, puis le créateur du trio Étage 34 (avec Daniel Koskowitz et Olivier Paquotte), qui enregistrera pour le label 33Rev-Permi. Il s’était produit avec Frédéric Le Junter, le quatuor de guitares Misères et Cordes, Rekmazladzep (avec Daunik Lazro, Camel Zekri, Thierry Madiot), Bruno Fleurence, Mathieu Chamagne, Franck Collot, Hervé Gudin, Tenko, Beñat Achiary, Pascal Comelade, Luc Ex... On se fera une idée de l‘étendue de ses collaborations. Quant à son cher Musique Action, souvenons-nous que ce festival aura accroché à son palmarès atypique et libre d’immenses figures des musiques improvisées : Tom Cora, Phil Minton, Evan Parker, John Zorn ou Louis Sclavis pour n’en citer que quelques-uns...

Tout récemment encore, Dominique Répécaud s’illustrait au sein du quatuor Praag avec Hugues Reinert, Anthony Laguerre et notre camarade Antoine Arlot (...). Le groupe, qui se définissait comme « un chant aride, une épopée phonique où l’espace des sensations se cache dans les interstices », avait publié au mois de juin 2015 un album vinyle intitulé Souzdarmah. Plus que jamais, il était au cœur de cette musique à laquelle il voulait se consacrer exclusivement.

Denis Desassis - Citizen Jazz – 20 novembre 2016


Jack Ralite (1947-2017)

Natif de la Marne, Jack Ralite adhère au PCF en 1947. Journaliste au quotidien L'Humanité, chargé des pages « culture » de l'édition dominicale, il est élu au conseil municipal d'Aubervilliers en 1959, et devient adjoint d'André Karman.

Député communiste depuis 1973, Jack Ralite entre au gouvernement en juin 1981, devenant ministre de la Santé puis de l'Emploi, dans les 2e et 3e gouvernements de Pierre Mauroy, de 1981 à 1984.

En 1984, il prend la tête de l'administration municipale d'Aubervilliers et siège au conseil régional d'Île-de-France de 1986 à 1992. Il est élu sénateur le 24 septembre 1995 puis réélu le 26 septembre 2004. Il démissionne en 2003 de la mairie d'Aubervilliers au profit de Pascal Beaudet, mais demeure conseiller municipal. Il a également été vice-président de Plaine Commune de 2000 à 2004.

Homme de culture, spécialiste reconnu des questions culturelles au Parlement où il siège au sein de la commission aux affaires culturelles, il s'engage pour l'exception culturelle et contre les accords de libéralisation du commerce projet d'Accord Multilatéral sur les Investissements (AMI) à l'OCDE et AGCS de l'Organisation mondiale du commerce. On lui doit également d'avoir organisé avec Carlo Ossola la rencontre, à Aubervilliers, entre des élèves du lycée Le Corbusier et des professeurs du Collège de France autour de grands textes de la littérature mondiale.

En sa qualité de ministre, il inaugure le 13 juillet 1984 en compagnie de Louis Mermaz et Christian Nucci, le musée de la Révolution française.

Animateur des États généraux de la culture depuis 1987, et président des Carnets Bagouet depuis 1997, il siège aux conseils d'administration du Théâtre du Peuple depuis 1999, du Festival Paris quartier d'été depuis 1996, de la Cité de la musique entre 1999 et 2006, du Théâtre national de la Colline et de l'Ensemble intercontemporain depuis 2002 et du Centre des monuments nationaux de 2004 à 2008.

Il est aussi membre du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, du Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire, et de la fondation Agir contre l'exclusion.

Il refuse une quatrième fois la Légion d'honneur en 2012 : « Je n'ai pas refusé trois fois la Légion d'honneur sous la gauche pour l'accepter une fois sous la droite. »

Sa mort est annoncée le 12 novembre 2017 par la mairie d'Aubervilliers.

En mars 2018, Stéphane Hablot, Maire de Vandoeuvre-lès-Nancy, a inauguré l'Esplanade Jack Ralite, face au Centre Culturel André Malraux.

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